1 Juillet 2011

Louis et Hub devant la cathédrale de Santiago
Après environ 1500 ou 1600 kilomètres à marcher pour rejoindre Santiago. Ça m'a fait un peu flop hier, quand j'ai foulé les pavés de la place, face à la cathédrale.
Flop, non pas parce que j’étais à Santiago. Mais flop parce que je ne ressentais rien de spécial. Flop parce que j'étais là, incognito, au milieu de tous ces touristes, au milieu des tentes des “révoltés”... et après avoir passé 58 jours à marcher, ça fait flop.
Quand je me suis retrouvé à dix jours de marche de Santiago, j'ai eu l’adrénaline qui est légèrement montée et chaque jour l'effet augmentait. Ce qui me faisait cet effet était du au fait que je savais que pour moi, le chemin ne s'arrêtait pas là. Et j'avais peur de ne pas arriver à repartir après, pour Finistera et ensuite Madrid.
Mais ce midi, quand après avoir passé 24h00 dans Santiago, je me suis rendu à l'office de 12h00. La cathédrale était pleine de pèlerins. Je me suis assis au pied d'un pilier, et là, c'était magique... A ce moment-là j'ai vraiment vécu mon arrivée à Santiago. Quand j'ai emprunté l’allée centrale pour la communion, j'avais une émotion énorme qui m'envahissait car j'avais l'impression de faire les derniers pas de cette première étape de mon chemin.
Au bout de quelques mètres, voyant qu'il n'y avait plus personne sur la file de gauche, j'ai changé de file. Arrivé devant le prêtre, celui-ci m'a regardé, fait un grand sourire et m'a dit “Corpus Christi Humberto”. Et bien je me suis pris la plus grande claque du chemin... car j'étais incapable de dire où je l'avais vu.
Bénédiction finale terminée, je rejoints la sacristie pour retrouver mon prêtre qui arrive avec un sac et des chaussures de marche. Il me salue, tout content et me rappelle avoir dormi sous moi à Arzua, car j’étais déjà tout installé, quand je lui ai proposé mon lit, plus pratique pour son âge avancé. Alors nous avions bavardé cinq minutes. Mais je n'aurais jamais pensé qu'il était prêtre....
Quand ce genre de chose vous arrive, ça vous donne le sourire pour une semaine...

Vue depuis l'albergue de Santiago
Voila, dans ma tête, ça y est, je suis reparti pour la suite de mon chemin. Je pense attendre dimanche pour prendre la direction de Finistera, car une polonaise avec qui j'étais sur le Primitivo, m'a dit ce midi, partir Sunday pour Finistera. Ce sera sympa de nous retrouver. Ensuite je pense revenir à pied, pour m'habituer au non-balisage, et peut-être, croiser des amis du début du Norte.
Je vous récrirai un message demain avant de partir pour Finistera.
Grosses bises à tous, vos prières sont entre les mains de Saint Jacques ;o)
Hub