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    Petite contribution pour le journal des communautés catholiques du pôle missionnaire de Provins n°42 de février, mars, avril 2013.

    Le thème de ce numéro étant " Tous en chemin", avec un dossier sur Saint-Jacques-de-Compostelle, il m'a été proposé d'y partager quelques mots sur mon expérience de la magie du chemin de pèlerinage.

    Si les photos ci-dessous ne sont pas lisibles, je vous invite à cliquer sur ce lien pour lire l'article.

     

    Journal des communautés catholiques du pôle missionnaire de Provins n°42, page 9.

    Journal des communautés catholiques du pôle missionnaire de Provins n°42, page 10.

    Journal des communautés catholiques du pôle missionnaire de Provins n°42, page 11.

    Journal des communautés catholiques du pôle missionnaire de Provins n°42, page 12.

     

    Un grand merci à Alain et le pôle missionaire de Provins d'avoir pensé à moi et de m'avoir permis de partager un peu des merveilles du chemin de Compostelle. En espérant que cela donnera goût à d'autres de mettre leurs pieds dans les traces de millions de pèlerins, depuis des siècles...

     

     

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  • "Il se peut que le grand problème de notre vie
    ne soit pas tellement de vivre, mais finalement de naître!...

    Petit matin sur la jetée de Le Palais (Belle Île en Mer)
    Petit matin sur la jetée de Le Palais (Belle Île en Mer).



    Partout il est dit que nous avons le mal de vivre.
    N’aurions-nous pas plutôt le mal de naître ?
    C’est-à-dire de devenir celui que nous sommes véritablement.

     Car nous ne sommes pas l’homme que nous paraissons être :
    célèbre ou inconnu, riche ou démuni, habile ou maladroit…
    Tout cela, c’est l’apparence des choses.
    Nous sommes un homme qui cherche à naître.

    Si tu saisis en toi cette pulsation merveilleuse qui te porte
    à ne pas être aujourd’hui ce que tu étais hier,
    Tu es en train de naître.

    Si tu te sens aujourd’hui capable d’un amour tout neuf
    que tu n’espérais pas hier,
    Tu es en train de naître.

    Sois sûr que la plus grande chose de la vie, ce n’est pas  de
    vivre, c’est de naître constamment pour ne pas être vieux.

    Puisses-tu garder de cet instant la saveur d’une rencontre !
    Dieu vient remplir tes mains de pauvre.
    La nouveauté que tu espères, il peut la faire jaillir en toi.

    Puisses-tu garder de cet instant la confiante et humble certitude
    Que tu es appelé indéfiniment à être et,
    tout autant, appelé à faire naître les autres."




    Ce texte m'a été donné par un ami, qui d'ailleurs doit en être l'auteur, quelques temps avant que me vienne l'idée de partir seul, sur les chemins de Compostelle. Je viens de remettre la main dessus et, en le parcourant, je suis frappé par le lien qu'il a avec le chemin, et donc, avec la vie... Nous pourrions dire, à tous pèlerin rentrant d'avoir embrassé l'apôtre Jacques, dans sa cathédrale de Compostelle, ces mots:

     

    Puisses-tu garder de ce pèlerinage la saveur d’une rencontre !
    Dieu vient remplir tes mains de pauvre. 
    La nouveauté que tu espères, il peut la faire jaillir en toi.



    Puisses-tu garder de ce chemin la confiante et humble certitude
    Que tu es appelé indéfiniment à être et,
    tout autant, appelé à faire naître les autres.

     


     Naître constamment pour être pleinement et faire naître les autres... Le chemin nous permet de nous libérer du monde pour nous révéler à nous même, pour naître. Ainsi, lorsque nous foulons la terre de nos pas, libres, confiants, les sens en éveil, l'oeil pétillant, sourire aux lèvres et coeur lumineux, nous avons ce magnifique sentiment d'Être et de Vivre. Cela me rappelle une autre phrase, de Maurice Béjart: "Je n'en finis pas de commencer ma vie! Quand je pense qu'il y en a qui n'attendent pas d'avoir vingt ans pour commencer leur mort!"... Continuellement, commencer sa vie, naître, pour ne pas vieillir... Certains vont jusqu'à voir la mort comme une nouvelle naissance, la considérant simplement comme un passage, un changement, une surprise, comme tant d'autres qui s'offrent à nous sur notre chemin de vie.

     
     

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    Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur - David Le Breton

     

    "Contrairement à la route, le chemin est un appel à la lenteur et non à la vitesse, à la rêverie et non à la vigilance, à la flânerie et non à l'utilité d'un parcours à accomplir, il procure la confiance et non la menace. Il ouvre à la découverte, à la surprise, à l'exploration. Il invite à la liberté."

     

    C'est avec beaucoup de poésie et d'amour que David Le Breton nous partage son regard sur le chemin. De la petite promenade quotidienne à la marche de plusieurs mois, avec l'aide d'extraits de nombreux auteurs, il nous dépeint toute la singularité de la magie du chemin. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire le livre de David Le Breton. Il arrive à embellir les pensées par la manière avec laquelle il décrit la marche et les chemins. C'est pourquoi j'ai décidé de vous partager quelques passages de son écrit. Nombreuses sont les phrases qui peuvent en être extraites, telles des citations...

    Dans l'extrait d'introduction, on retrouve toute la comparaison entre le monde du quotidien que l'on quitte (la route), pour découvrir celui imposé par le chemin. Je pense que tout marcheur sera d'accord avec le terme de "liberté". C'est drôle, à postériori, de voir comme on se sentait libre sur le chemin.

     

    "Un chemin est une ligne de vie, une veine de la terre alimentant un réseau sans fin."

    J'aime ce parallèle entre le réseau sanguin, vital à l'Homme, et les chemins qui parsèment la Terre. Ces chemins, signes d'humanité...

    "J. Lacarrière dit son désaroi à plusieurs reprises quand il demande une direction et qu'on lui répond: "C'est facile, c'est tout droit." Derrière la simplicité de la phrase, dit-il, il y a toute une philosophie du chemin, deux manières opposées de concevoir la marche. Elle "signifie ou bien tout droit en direction, c'est à dire en allant le plus possible dans la direction choisie, ou bien, tout en restant toujours sur le même chemin, même s'il tourne et retourne ou revient en arrière, autrement dit, quelle que soit sa direction"."

    Ce passage m'a beaucoup amusé. Du fait que j'ai emprunté des chemins peu fréquentés et que, de Santiago à El Escorial, j'étais en sens inverse, j'ai souvent demandé ma direction aux autochtones croisés. A de nombreuses reprises il m'est arrivé de me demander, plusieurs centaines de mètres après avoir reçu des informations: "tout droit comment?".

    "Dans les repas le meilleur n'est pas toujours le goût des plâts mais le fait de savourer la présence des autres. Même le partage de quelques tartines implique la commensalité, une célébration du lien, une culmination festive et paisible du lien social."

    Sur le chemin, les meilleurs souvenirs de repas ne sont pas dus aux qualités gustatives mais à l'ambiance du lieu, au contexte dans lequel il a été pris, aux personnes qui l'ont partagé ou préparé...

    "Le marcheur est un artiste des occasions."

    Le marcheur prend son temps, il prend le temps. Il vit pleinement l'instant présent et lui sourit en l'acceptant comme un cadeau.

    "Ce qui importe ce n'est pas le chemin mais ce que le marcheur en fait."

    Finalement, il en est de même de la vie. La question du sens que l'on donne est toujours primordiale. Quelles traces le marcheur décide de laisser sur le chemin? D'autant plus importante pour le pèlerin...

    "Marcher c'est retrouver son chemin."

    Quand on marche, le chemin n'est pas tant extérieur, qu'intérieur. Nombreux sont les pèlerins qui sont partis sur le chemin, le coeur et la mine tristes et qui, à leur retour, sont transformés de paix et de joie.

    "Tout chemin est d'abord enfoui en soi avant de se décliner sous les pas, il mène à soi avant de mener à une destination particulière. Et parfois il ouvre enfin la porte étroite qui aboutit à la transformation heureuse de soi."

     

     

    Si vous aimez la marche, que ce soit d'aller à votre travail à pied, de faire votre promenade le weekend, de partir en randonnées ou de parcourir les grands chemins de pèlerinage, je vous conseille vivement le livre de David Le Breton.

    David Le Breton

     

    David Le Breton est né le 26 octobre 1953. Il est professeur en sociologie à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France et du laboratoire URA-CNRS "Cultures et société en Europe". Il est l'auteur, entre autres, de : Du silence, La saveur du monde (chez Métailié), Marcher pour s'en sortir (chez Eres)

     

     

    Merci David Le Breton pour vos mots qui viennent dessiner ce très beau chemin de pensées et de papier : Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur.

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  • Coutainville le 01.01.2013

     

    "En partant sur la route, en consentant à nous déplacer physiquement et donc en nous-même, nous pouvons accéder à ce  petit miracle : notre quotidien n’a pas changé, mais aujourd’hui, nous le voyons différemment." En lisant les mots de Gilles Donada dans son dernier article, je me suis rendu compte de l'importance du "sens" sur le chemin.

    Quand on franchit sa porte et que l'on sort marcher, même juste une dizaine de minutes, la magie des sens nous habite rapidement. Notre coeur adapte ses battements au rythme des pas. Ces derniers essayent d'être de plus en plus léger tout en réduisant leur bruit. Les oreilles entendent chaque feuille chanter dans le vent et la merlette qui appelle son petit. Les yeux se plissent pour observer les nuages dans le ciel tandis que l'esprit cherche à leur donner une forme. Tous les sens en éveil le marcheur sait qu'il existe et peut clamer haut et fort: "Je marche donc je suis."

    Si vous demandez à un pèlerin qui vient de partir pour trois mois de marche sur les chemins pourquoi il est parti. Dans la souffrance des premiers jours, lors des difficultés physiques, il vous répondra qu'il ne sait pas pourquoi il marche. Pourtant ce ne seront pas les tendinites qui l'arrêteront car il sait où il va. En rentrant chez lui, il regarde la trace de ses pas dans le sable et son chemin prend un tout autre sens...

     

    Chers amis, je vous souhaite pour 2013 d'oser vivre vos rêves et que ces derniers aient du sens pour vous. Que cette nouvelle année vous voit sourire avec tout votre être et tous vos sens.

     

    Meilleurs voeux pour 2013

     

     

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    Les traces...

     

           3 Mai 2011: bâton en main, sac au dos, coquille autour du cou et me voilà parti pour une aventure qui continue, encore aujourd'hui, de me faire cheminer. Le 5 mai, alors que je souffrais sur les bords du canal de Nantes à Brest, avec mon sac de 19 kilos; j'étais à 10 000 lieues de penser que ce chemin me mènerait si loin, que les traces de mes chaussures dans le sable de Soulac me nourriraient si longtemps et seraient ainsi partagées.

              Blog qui continue d'être visité par de nombreuses personnes, témoignages auprès de jeunes, écriture d'un livre, rencontre de nombreux amoureux du chemins, pèlerins, auteurs... personnes merveilleuses. Que de traces, que de richesses, que d'étoiles qui prolongent cette fabuleuse aventure jacquaire.

     

    Les traces des pas que nous dessinons dans la poussière des chemins donnent sens à notre action.

     

     

             je ne sais pas où mon chemin jacquaire me menera mais je continue d'avancer confiant, étape après étape. Aujourd'hui, le récit de la magie des rencontres vécues durant mes trois mois de marche est en correction, dans les mains de personnes pouvant dire s'il est lisible et riche. Pour la suite... nous verrons ce que la prochaine étape offrira comme rencontres.

     

             Le chemin nous offre une philosophie et un regard sur la vie qui nous montre que nous pouvons avoir confiance en elle. La vie est merveilleuse malgré ce que les médias nous disent et elle vaut le coup d'être vécue, parcourue, cheminée... sourire aux lèvres et dans le coeur.

     

    Amitiés jacquaires
    Hub

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