• L'automne ou les couleurs du temps...

    L'automne ou les couleurs du temps...« Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise »

    Par ces mot, Aubigné nous montre combien nous n'accordons pas le même sens aux éléments, à la nature, à la vie, en cette période de l'année. Pendant la saison de l'automne notre regard change, nos papilles prennent le temps de s'associer au souvenir, notre ouïe s'attarde sur les mélodies pleines de nostalgie. La journée commence avec la trompette de Miles Davis pour s'étendre sous les doigts de Django Reinhardt et finir sur les notes de Cole Porter avec So in love.


    Chérie des poètes, l'automne est inscrite dans le temps. Face aux trésors dorés de la nature, nous prenons d'un seul coup conscience de l'aiguille qui tourne inlassablement sur le cadran de nos vies. Un parfum de fin de cycle vient effleurer nos sens pour nous accrocher à chaque instant et tenter d'inscrire au fond de nos mémoires les couleurs, voix, chants d'oiseaux, rencontres, souffles, effluves, tendresses, sentiments, émotions... Nous tentons d'arrêter le temps en figeant la feuille d'or qui se détache de sa mère branche pour être déposée sur l'eau aux reflets d'éternité, dans une valse viennoise imposée par la bise annonçant l'approche de l'hiver.

    Un rien rouvre les tiroirs de nos souvenirs les plus enfouis derrières lesL'automne ou les couleurs du temps... brumes de nos courses sociétales. Ressurgissent les après midi en culottes courtes passées à courir dans les sous-bois, pour tenter de débusquer un petit cèpe qui s'était glissé sous les premières feuilles perdues du grand chêne qui le protégeait. Ces temps d’insouciance où nous suivions les traces des chevreuils dans la glaise, inventant mile et une histoires tout en chantant la chanson du grand méchant loup. Et la soirée qui clôturait le tout, à contempler la flamme qui s'agitait dans la cheminée tout en se brûlant le bout des doigts à l'ouverture des châtaignes.

     

    Il y a quelques jours, alors que j'enfourchais mon fidèle destrier de roues et de pédales pour m'imprégner des couleurs de ce début d'octobre, j'ai croisé un jeune d'une douzaine d'années. Il était assis sur son vélo, appuyé sur le rebord d'un pont et il regardait les voitures passer. C'était comme s'il avait arrêté le temps. Je venais de m'imprégner pendant plus d'une heure, de la nostalgie des paysages automnals et me sentais quelques années en arrière. Arrivé à sa hauteur je lui ai lancé un "bonsoir" avec un sourire comme si nous étions copains. L'expression de son visage n'a pas changé. Il m'a regardé passer comme un spectateur devant son écran de cinéma. Un sentiment de ridicule m’envahissait après avoir eu l'impression de rejoindre son jeune âge pendant quelques secondes... Mais hier, tandis que je réitérais cette expérience de douche dorée pour les yeux, je croisais à nouveau un enfant à vélo. Il était plus jeune, peut-être sept ans et il pédalait en sens inverse de la ma direction. En souvenir de ma précédente rencontre, je n'osais rien exprimer. Arrivé à ma hauteur, l'enfant m'a offert un grand "bonjour" accompagné d'un magnifique sourire plein de complicité. Je me suis empressé de lui répondre, me retournant pour le voir filer, fier, sur son cheval de fer. J'étais rassuré... j'étais heureux, dans l’insouciance de l'enfance...

     

     

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  • Commentaires

    1
    une certaine Anne
    Vendredi 14 Novembre 2014 à 19:16
    "L' automne est le printemps de l' hiver."
    Henri de Toulouse-Lautrec
    Bises tout plein Hubert et bon week-end
    Anne
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